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Text: |
Le retour sur le devant de la
scène des approches dites « dynamiques »
de la stratégie n'est pas sans soulever quelques interrogations
sur le management stratégique en tant que pratique
et que discipline. La prolifération des spécialités,
dans un champ qui fut longtemps dominé par des visions
positivistes et déterministes de la performance (école
du choix stratégique, analyse de l'adéquation
entre ressources et opportunités, resource-based view,
.), crée un sentiment de malaise partagé entre
chercheurs et praticiens. La stratégie semble inéluctablement
échapper au réalisme scientifique et à
sa rationalisation. Economistes et sociologues ont tour à
tour épuisé toutes les manchettes de leurs instrumentations
respectives pour essayer de mettre un point final à
la dispute entre une stratégie conçue comme
l'atteinte rationnel d'un plan, et celle conçue comme
l'arrangement incrémental et socialement construit
d'un environnement pertinent (Baum & Dobbin, 2000: 405).
Nous ne chercherons pas, dans ce chapitre, à en établir
la cause, ou à proclamer qu'une page historique est
en train d'être tournée dans le champ de la stratégie.
D'autres chercheurs, comme D'Aveni et Gunther (1994) ont cru
voir dans la fin des avantages durables fondés sur
les ressources l' émergence d'une praxis fondée
sur la vélocité, la manouvre et l'interaction
dynamique. La structuration du champ de la stratégie
est un jeu complexe, mêlant à la fois des engouements
passagers des managers pour des constructions idéologiques
rassurantes, le fruit du labeur des chercheurs, et des conflits
paradigmatiques fondées sur des dialogues scientifiques.
La période la plus récente a certainement vu
émerger une discipline plus tournée vers l'interaction,
vers une sociologie empirique de l'action stratégique
(Déry, 2001 : 24), mais pour autant, assistons-nous
réellement à un retour du « mouvement
» comme unité d'analyse centrale du management
stratégique?
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